Tatouage Berbère

L'un des plus anciens rites des ethnies berbères, le tatouage. Objet de coutume des pays africains, allant du Maghreb méditerranéen à l'Afrique subsaharienne, jusqu'au rivage du Nil en Égypte.
Une tradition dont seuls les Berbères détiennent le secret... Chaque motif, chaque dessin, chaque tracé à son propre sens, sa propre valeur. Tantôt pour se protéger du mauvais sort, tantôt pour se rendre plus désirable ou alors pour exprimer un sentiment quelconque, le tatouage berbère est un dialogue, un échange entre le corps et le monde autour... Une signature personnelle, un emblème corporel marqué d'une dimension artistique harmonieuse.
Ce projet révèle des hommes et femmes tatoués sur le front, le menton, les joues, le dos des mains. Des dessins parfois aux caractéristiques régulières, par petite touche , ou alors aux aspects plus complexes avec des motifs enchevêtrés. Tous ont leurs propres symboliques, leurs propres chimères...
Des photos qui étalent la forme distincte aux tatouages berbères. Une identité profonde chargée de pensées, d'intentions et d'aspirations...
Ils incarnent la résolution d'exiger le respect de leurs individualités, et le choix de vivre librement avec leurs valeurs et leurs rêves...
Au moyen du tatouage, La peau devient une surface à l'effigie de soi où l'on projette son identité désirée et son audace de se révéler au monde extérieur.



Les Imazighen, (hommes libres ) ou Berbères, se tatouaient le front, le menton, les joues, le dos des mains et les tempes à l’aide pigments issus de substances d’origine végétale, du charbon, mélangés à de l’eau ou du sang, des motifs et symboles qui leur étaient propres et avaient un sens bien particulier. Le tatouage d’alors était plus social qu’ornemental, contrairement à aujourd’hui, où cette notion de tatouage symbolique a disparu dans les nouvelles générations de Berbères, même si il peut parfois conserver une notion d’attachement à une communauté, permettant aux berbères et notamment aux Kabyles de se démarquer culturellement des arabes.

La fonction du tatouage est donc historiquement multiple chez les Amazigh : il peut être protecteur et ornemental, mais également identitaire ou médical : dans le Sahel, en intervenant à mi-chemin entre l’extérieur et l’intérieur du corps, on lui prêtait des vertus guérissantes : mal à la tête, arthrite…

Chaque détail, chaque motif a sa propre symbolique dans le tatouage berbère

  • Le point symbolise le foyer, qui est au centre centre de la maison

  • Le croissant de lune la matière qui naît, grandit et meurt.

  • La spirale symbolise l’harmonie éternelle

  • Le cercle représente l’absolu.

  • Les palmiers tatoués sur le front des femmes berbères invoquent la déesse mère

  • Le premier trait vertical symbolise dieu et la vie, ainsi que le premier outil planté en terre par l’homme

  • Les deux traits symbolisent la dualité entre le bien et le mal qui sommeillent en chacun

  • Le carré est la représentation de la maison

  • Deux carrés superposés symbolisent le combat de dieu contre la malédiction et les ténèbres

  • La rosace, composée de triangles : celui qui a la pointe vers le haut symbolise le feu et la virilité, tandis que le triangle avec la pointe en bas représente l’eau et la féminité

  • Le plus (signe +) symbolise l’oeil de Dieu, l’étoile dont la lumière guide l’homme dans la nuit

  • La croix symbolise les deux jambes ou les deux bras de l’homme.

  • Autres symboles : la palme du palmier, les chevrons, les pectines de sapins, les lignes de vie


Les vieilles femmes berbères sont encore aujourd’hui capables de donner la région d’origine de leurs congénères en fonction du nombre de traits sur leurs tatouages. Sur le front ou la tempe, il peut être identitaire et lié à une tribu donnée, comme les tribus des Drids ou des Beni-Douala qui l’utilisaient comme signe de reconnaissance. Le tatouage rituel est encore courant au Yémen, dans le désert et au Maghreb,chez les nomades principalement. Les motifs peuvent avoir des sens variés en fonction des origines de la personne.